LA B.L.E

  

Dans notre SEL, il n’y a pas de fric entre nous, pas de pognon, pas de flouze, pas de blé.

Mais par contre, il y a des BLE, eh ! eh ! Des Bourses Locales d’Echange.

 

En fait, ce sont comme des braderies ordinaires sauf que l’argent n’a pas cours et que les pépètes

sont remplacées par des pépites. La pépite, c’est notre ”monnaie” virtuelle qui remplace l’Euro et

qui est essentiellement basée sur le temps partagé : une heure = 60 pépites, quel que soit le service rendu.

 

Oui, bon d’accord, mais un vélo d’occasion, par exemple, ça vaut combien d’heures de balayage ? Hein ?

 

Or, dans une BLE, ce ne sont plus des services que l’on échange, mais des biens, et ce n’est pas toujours

évident de se dégager de leur valeur purement commerciale.

 

Le jeudi 17 mai 2012, le SEL en Pévèle a organisé sa première grande BLE interSEL où étaient également

conviés les Sélistes de Villeneuve d’Ascq.  Elle s’est passée à Pont-à-Marcq, dans le jardin d’André, sous

un soleil radieux, et on a vu affluer, ce jour-là, une bonne centaine de personnes, dont une trentaine

d’exposants : un peu moins peut-être selon la police, mais elle n’était pas là pour vérifier, vu qu’il n’y

avait pas besoin de service d’ordre.

                  ble-printemps-2012.jpg

  

C’était comme une vraie braderie, mais en même temps, c’était très différent dans la mesure où l’aspect

mercantile avait totalement disparu.

 

Là, on rigole, on s’embrasse, on se congratule, on s’extasie devant tel ou tel bidule introuvable…

On marchande même un peu parfois, mais c’est pour rire, pour faire semblant ! Et puis, vers 13h00,

quand retentit la trompette de Cathy, on s’attable pour partager un festin auquel tous les convives

ont participé et l’on se sustente bougrement tout en palabrant allègrement.

 

Et lorsque vient le soir, quand le dernier invité est parti, le jardin d’André a retrouvé son aspect d’avant :

tout est rangé, empaqueté, lavé, repassé… pas le moindre bout de papier qui traîne dans les allées. Nickel, quoi !

 

On est vraiment loin de ces braderies monotones où les gens anonymes se suivent à la queue leu leu, sans

même se regarder, se contentant d’avancer d’un pas morne tout en observant, sans les voir, tous les

étalages d’un œil torve et fatigué. Et lorsque c’est fini, les exposants laissent derrière eux des monceaux

d’immondices de toutes sortes.

 

Mais au fait pour effectuer les échanges, comment fait-on ? On improvise, ou on cogite ou on s’en remet à son pif,

mais on finit toujours par se mettre d’accord : c’est ainsi, par exemple, que le fauteuil que vous voyez sur la photo,

d’abord proposé à 300 pépites, a finalement été donné contre 150 pépites, et qu’une belle machine à pain a été

”soldée” à 60 pépites.

 

Alors, Vous voyez, on vous l’avait bien dit : une BLE, c’est comme une braderie, à part que ce n’est pas du tout pareil.